Le fleuve Sainte Laurent : garant de la biodiversité du Québec


Le fleuve Saint-Laurent

En Amérique du Nord, le réseau hydrographique du Saint-Laurent, qui comprend les Grands Lacs, est l'un des plus importants au monde. Il est responsable du drainage de plus d'un quart des réserves d'eau douce de la planète. L'artère de ce système, le fleuve Saint-Laurent, s'enfonce profondément à l'intérieur de ce continent massif, reliant le système des Grands Lacs à l'océan Atlantique.

Cette énorme cours d’eau est indissociable de l’art de vivre de la ville de Québec.

Le fleuve Saint-Laurent : épicentre de la biodiversité de Québec

Le Saint-Laurent est énorme. Le fleuve proprement dit, d'une longueur de 1 197 km, s'étend vers le nord-est, du lac Ontario vers l'Atlantique, où il forme le golfe du Saint-Laurent. Au total, l'ensemble du système du Saint-Laurent s'étend sur très exactement 3 058 km. Cet énorme cours d’eau est encore relativement jeune (pour un fleuve de cette taille), puisqu'il ne s'est formé qu'il y a environ 10 000 ans lorsque les glaciers ont commencé à fondre, exposant une énorme entaille dans la croûte terrestre.

Parce qu'il traverse une si vaste portion du continent, le fleuve Saint-Laurent a enfanté de différents habitats et microclimats différents, allant des systèmes d'eau douce des Grands Lacs jusqu'aux milieux océaniques d'eau salée de l'estuaire. On dénombre environ 83 mammifères terrestres et aquatiques différents qui habitent le fleuve et le golfe éponyme, avec notamment le béluga, un animal typique de la région qui est pourtant en voie de disparition. Avant d'être chassés jusqu'à l'extinction dans l'Atlantique Nord-Ouest, les morses nageaient aussi en masse dans le fleuve Saint-Laurent. Faisant partie de la voie migratoire de l'Atlantique, le fleuve est un point chaud pour au moins 400 espèces d'oiseaux comme le pygargue à tête blanche, le balbuzard pêcheur et la sterne noire. Les poissons les plus présents dans le fleuve sont l'esturgeon, l'éperlan et le hareng.

Le cœur du continent nord-américain est drainé par le fleuve Saint-Laurent, qui occupe une ancienne dépression comprenant trois régions géologiques : le Bouclier canadien, les Appalaches et la plate-forme rocheuse sédimentaire intermédiaire. Vers la fin du Quaternaire, les glaciers qui occupaient la dépression depuis le Pléistocène ont été remplacés par la mer de Champlain, qui a inondé la dépression il y a environ 13 000 à 9 500 ans. Un léger soulèvement qui s'est produit il y a environ 6 000 ans a expulsé ce bras de mer, formant le cours du fleuve Saint-Laurent. La végétation le long du fleuve comprend la forêt de conifères, la taïga canadienne, la forêt à feuilles caduques et les forêts mixtes. Les graminées de banc de sable d'eau douce et les plantes halophytes (tolérantes au sel) que l'on trouve à partir de l'estuaire moyen sont des caractéristiques typiques du microclimat du Saint-Laurent.

Flashback : l’histoire du fleuve Saint-Laurent

Jacques Cartier, premier explorateur du Saint-Laurent. // Source : Biographie.ca

Le premier explorateur européen qui a navigué sur le Saint-Laurent fut Jacques Cartier qui, à la recherche d'un passage vers le nord-ouest en direction de l'Orient, traversa le détroit de « Belle Isle » en 1534 et débarqua sur les rives de la baie. Il retourne dans la région l'année suivante, le jour de la fête du Saint-Laurent, ce qui explique l’appellation du gigantesque cours d’eau. Il voyage jusqu'aux rapides de Lachine, au sud-ouest de la région où se trouve aujourd’hui la ville de Montréal. Le fleuve a également été traversé par l'explorateur français Samuel de Champlain. Jusqu'au début des années 1600, les Français se référaient au fleuve Saint-Laurent par l’appellation de « Rivière du Canada » en amont de Montréal et par l’appellation de « Rivière des Outaouais » après Montréal. Le fleuve Saint-Laurent a été la principale voie d'exploration de l'intérieur de l'Amérique du Nord.

À l'origine, le fleuve Saint-Laurent n'était navigable de façon continue que jusqu'à Montréal en raison des rapides de Lachine, pratiquement infranchissables. La donne ne changera qu’à partir du Au XVIIIe siècle. Au début des années 1780, les canaux peu profonds du Saint-Laurent ont été élargis pour permettre le passage d'embarcations plus grandes. Cette période a été marquée par la construction du canal Érié, de Buffalo (à New York) à la rivière Hudson, entre 1817 et 1825. Le premier canal autour des chutes Niagara a été créé en 1829. Enfin, l'écluse du Sault Sainte Marie (au Michigan) a été terminée en 1855. Au début du XXe siècle, le Canada a fait la promotion d'un plan d'ouverture des Grands Lacs au trafic maritime, mais les États-Unis n'ont pas appuyé cette idée. Ce n'est qu'en mai 1954 que le Congrès américain a finalement approuvé la participation avec le Canada à un projet conjoint qui a finalement pris le nom de « Voie maritime du Saint-Laurent ».

L’île d’Orléans : la version insulaire de Québec

On l'appelle le « Jardin du Québec », l' « Île au trésor » ou encore le « Berceau de la civilisation française en Amérique du Nord »… Située à quelques minutes de la ville de Québec, la pittoresque île d'Orléans est idéale pour une excursion d'une journée ou d'une demi-journée, à combiner avec un petit saut aux fameuses chutes de Montmorency qui se trouvent en face de l’île d’Orléans. Vous pouvez également profiter du trajet pour découvrir le canyon Sainte-Anne, un peu plus loin de la capitale de la province francophone.

Vous devez voyager en voiture pour vous rendre à l'Île d'Orléans. Une fois à l'extérieur de Québec, vous traverserez le pont suspendu de l'île d'Orléans, qui fait partie de la route 368 du Québec. Le pont est relié à l'autoroute 40. Une fois le pont franchi, vous allez vous retrouver dans un environnement complètement à l'opposé de la vie urbaine trépidante de la ville de Québec. La route principale de la ville s'appelle le « Chemin Royal », qui forme une boucle complète autour de l'île. Vous êtes libre de conduire autour de l’île, mais on vous conseille fortement de vous engouffrer dans l’arrière-pays champêtre pour découvrir des paysages bucoliques, des domaines viticoles, des cabanes à sucre ou encore des ateliers d’artisanat.

Le traversier du fleuve Saint-Laurent : une activité incontournable à Québec !

Avec sa géographie unique, sa mosaïque de paysages et son microclimat unique au monde, le fleuve Saint-Laurent offre une expérience inédite, qui n’a rien à voir avec les différentes croisières fluviales traditionnelles que l’on retrouve en Europe ou dans certaines régions des États-Unis. Les villes de l'Est du Canada grouillent d'influences françaises et britanniques issues d'une histoire tumultueuse de plus de 300 ans, avec de multiples tentatives plus ou moins fructueuses de colonisation de la région par les deux empires.

L'architecture est le domaine le plus impacté par cette histoire, mais aussi la nourriture : deux choses que vous allez pouvoir constater à l’occasion d’une croisière dans le fleuve Saint-Laurent. Sur les itinéraires qui passent par les pittoresques îles de la Madeleine dans le golfe du Saint-Laurent, vous découvrirez la culture unique née du brassage des colons acadiens, français et anglais. Les croisières sur le Saint-Laurent commencent ou se terminent le plus souvent à Montréal, Québec, Boston et Portland (dans le Maine). Vous aussi, prenez un traversier Saint-Laurent et vivez le Québec autrement !